Maserati, icône italienne du luxe automobile, pourrait bientôt adopter une stratégie inédite pour son virage électrique. Face à des ventes en chute libre, notamment en Chine où la marque n'a écoulé que 1 000 unités l'an dernier contre 14 498 en 2017, Stellantis explore des partenariats audacieux avec des géants chinois. Externaliser la production de nouveaux modèles électriques en Chine ? Cette option fait débat et pourrait redéfinir l'avenir de la marque au trident.
Des négociations avancées avec Huawei et JAC Motors
Stellantis est activement en discussions avec Huawei et JAC Motors pour développer une gamme de Maserati 100 % électriques. L'objectif : lancer le premier modèle dès 2027. Ce projet s'inspire du modèle Hima de Huawei, déjà plébiscité par d'autres constructeurs chinois pour ses technologies avancées.
Rôles bien définis dans cette alliance
Huawei apporterait son expertise en logiciels, cockpits numériques et systèmes d'aide à la conduite de pointe. JAC Motors se chargerait de la production, tandis que Maserati injecterait son ADN design premium et son positionnement haut de gamme. Deux versions d'un même véhicule émergeraient : une sous la marque Maextro pour le marché chinois, et une autre sous l'emblème Maserati pour l'international.
Les travaux de recherche et développement ont déjà débuté, même si l'accord final reste en suspens. Cette externalisation en Chine permettrait à Stellantis de contourner les défis de production européenne tout en accélérant le déploiement de technologies de pointe.
BYD entre en lice : une menace pour les usines italiennes ?
Parallèlement, le géant chinois BYD affine ses ambitions européennes. Stella Li, vice-présidente de BYD, a confirmé des discussions avec Stellantis et d'autres groupes pour racheter des usines sous-utilisées. L'Italie figure en tête de liste, avec un intérêt marqué pour le site de Cassino, où sont assemblés les Maserati Grecale, Alfa Romeo Giulia et Stelvio sur la plateforme Giorgio.
Une stratégie d'acquisition directe
BYD préfère gérer ces sites en propre, sans coentreprises, pour simplifier les opérations. La France attire aussi l'attention grâce à son coût d'électricité attractif, essentiel pour la production de véhicules électriques. Des visites de cadres BYD à Cassino ont alimenté les rumeurs : Maserati pourrait-il passer sous pavillon chinois ? Stella Li qualifie même la marque de "très intéressante" pour son prestige.
Cette offensive s'inscrit dans un contexte où Stellantis peine à rentabiliser ses usines européennes, comme Rennes-La Janais ou des sites espagnols et allemands. Après un partenariat avec Leapmotor pour des productions en Espagne, ces mouvements soulignent une ouverture croissante aux investisseurs chinois.
Quelles implications pour Maserati et l'industrie européenne ?
Externaliser en Chine offre à Maserati un accès rapide à des batteries performantes, des logiciels IA et des coûts de production réduits, cruciaux pour concurrencer Rolls-Royce ou Mercedes dans le luxe électrique. Cependant, cela pose des questions sur la préservation de l'identité italienne : un "Maserati chinois" rebadgé diluerait-il son aura ?
Pour Stellantis, cette stratégie allège les investissements massifs en Europe tout en boostant les volumes en Asie. Mais elle expose le groupe à des tensions géopolitiques et à une concurrence accrue des Chinois sur le Vieux Continent.
Vers une nouvelle ère pour le luxe automobile ?
Alors que Stellantis peaufine son plan stratégique, ces alliances chinoises pourraient propulser Maserati dans l'ère électrique. Reste à voir si l'externalisation en Chine revitalisera la marque ou marquera la fin d'une ère purement italienne. Suivez les annonces officielles pour ne rien manquer de cette saga automobile qui passionne les passionnés.


