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    Stellantis contre-attaque les électriques chinoises avec un retour en force du diesel

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    Stellantis contre-attaque les électriques chinoises avec un retour en force du diesel

    Stellantis contre-attaque les électriques chinoises avec un retour en force du diesel

    Dans un marché automobile en pleine mutation, Stellantis opère un virage audacieux. Face à la vague des véhicules électriques chinois qui inondent l'Europe, le géant franco-italien relance le diesel sur plusieurs modèles phares. Cette stratégie pragmatique vise à répondre aux attentes des clients et à préserver ses marges, alors que les ambitions électriques sont revues à la baisse.

    Pourquoi Stellantis mise à nouveau sur le diesel ?

    Le groupe automobile, propriétaire de marques comme Peugeot, Citroën, Fiat, Jeep et DS, avait progressivement réduit ses offres diesel pour se conformer aux objectifs d'électrification européenne. Mais fin 2025, tout change. Stellantis réintroduit des motorisations diesel sur au moins sept modèles en Europe, prolongeant même la production pour certains utilitaires. Ce choix s'explique par une demande client persistante et des ventes d'électriques décevantes.

    Les constructeurs chinois, comme BYD ou MG, dominent le segment des véhicules électriques abordables, captant près de 10 % du marché européen. Stellantis y voit une opportunité : ces rivaux n'ont pas d'offre diesel compétitive. En misant sur le mazout, réputé pour sa polyvalence, son autonomie et son coût d'usage inférieur, le groupe se positionne sur un terrain où les Chinois sont absents. Les diesels offrent ainsi un levier pour contrer la concurrence low-cost électrique tout en maintenant des prix attractifs.

    Image rapprochée d'un moteur diesel Stellantis, mettant en évidence ses composants et sa conception.
    Un moteur diesel moderne de Stellantis, symbole de la stratégie du groupe face aux défis du marché automobile. 📷 Source : media.stellantis.com

    Un contexte réglementaire favorable

    Ce repositionnement arrive à point nommé. L'Union européenne a assoupli mi-décembre 2025 l'interdiction des véhicules thermiques prévue pour 2035, laissant plus de flexibilité aux constructeurs. Aux États-Unis, l'administration Trump supprime les normes strictes sur les émissions de CO2, favorisant les motorisations traditionnelles. Stellantis adapte sa stratégie à ces évolutions, tout en maintenant un engagement dans l'hybride et l'électrique.

    Quels modèles concernés par ce retour du diesel ?

    Stellantis élargit concrètement son catalogue. Les monospaces utilitaires comme le Citroën SpaceTourer, le Fiat Professional Ulysse, l'Opel Vivaro et le Peugeot Traveller conservent leurs versions diesel, avec des cylindrées généreuses adaptées aux professionnels.

    Les surprises ne s'arrêtent pas là. Des compactes familiales telles que la Peugeot 308, la Citroën C4, l'Opel Astra et la DS 4 retrouvent un moteur diesel, probablement le fiable 1.5 BlueHDi, dont les soucis passés (AdBlue, chaîne de distribution) semblent résolus. Les SUV et berlines premium ne sont pas oubliés : DS 7, Alfa Romeo Tonale, Stelvio et Giulia intègrent à nouveau le diesel pour séduire une clientèle exigeante.

    Une Peugeot 308 diesel en mouvement sur une route, illustrant le retour du diesel sur les modèles compacts.
    La Peugeot 308, l'un des modèles phares de Stellantis, retrouve une motorisation diesel pour répondre à la demande du marché. 📷 Source : media.autoexpress.co.uk

    Ce n'est pas tout. Stellantis relance une version thermique de la Fiat 500, initialement 100 % électrique, et réintroduit le puissant V8 HEMI essence sur ses pick-ups Dodge et Jeep aux États-Unis. Parallèlement, les hybrides rechargeables y sont abandonnés, priorisant les thermiques éprouvés.

    Des utilitaires au cœur de la stratégie

    Les professionnels représentent un bastion clé pour Stellantis. Les utilitaires diesel, peu touchés par la concurrence chinoise électrique, bénéficient d'une prolongation de production. Leur polyvalence – autonomie supérieure à 1000 km, coûts d'entretien maîtrisés – en fait des atouts face aux VE dont l'infrastructure de recharge reste limitée.

    Les ambitions électriques revues à la baisse

    Stellantis avait promis une gamme 100 % électrique en Europe d'ici 2030 et 50 % de ses ventes aux États-Unis. Ces objectifs sont désormais adoucis. Le groupe annonce plus de 22 milliards d'euros en charges liées à ce ralentissement, justifiant des pertes records en 2025 par les contre-performances du marché VE.

    Entre 2025 et 2026, une trentaine de nouveaux modèles électriques ou hybrides verront le jour, mais le diesel cohabite pour offrir une gamme complète. Ce "jeu d'équilibriste" permet de répondre à tous les clients, tout en respectant les trajectoires CO2 européennes, quoique avec plus de marge de manœuvre.

    États-Unis : un virage thermique marqué

    Outre-Atlantique, Stellantis recentre sur l'essence et le diesel. Le retour du V8 HEMI sur Jeep et Dodge symbolise ce choix. Les hybrides rechargeables sont stoppés, alignés sur un marché américain réticent aux VE chers à charger.

    Les implications de cette stratégie

    Ce pari sur le diesel renforce la compétitivité de Stellantis face aux Chinois. Les VE low-cost inondent l'Europe, mais le diesel offre des alternatives économiques pour les flottes d'entreprises et les familles. Son autonomie et sa fiabilité séduisent là où les bornes manquent.

    Cependant, des risques persistent. Relancer le diesel pourrait compliquer les objectifs CO2 à long terme, surtout pour les utilitaires en retard. Stellantis doit équilibrer pour éviter des amendes. Économiquement, cela préserve les marges : les diesels sont moins coûteux à produire que les VE, dont les batteries pèsent lourd dans les prix.

    Sur le plan industriel, le groupe investit dans des moteurs diesel modernisés, plus propres et efficients. Cela pourrait inspirer d'autres constructeurs européens, comme Renault ou Volkswagen, confrontés aux mêmes défis.

    Une réponse à la crise du VE ?

    Les ventes d'électriques stagnent malgré les subventions. Stellantis, après le départ de Carlos Tavares fin 2024, adopte une approche client-centrée. Proposer "ce que veulent les clients" plutôt que forcer l'électrique pur semble payer, avec une croissance espérée en 2026.

    Conclusion : un avenir hybride pour Stellantis ?

    Stellantis trace une voie pragmatique : diesel pour résister aux Chinois, électrique pour l'avenir réglementaire. Cette stratégie flexible pourrait redresser la barre après une année 2025 difficile. Reste à voir si elle portera ses fruits face à une concurrence féroce.

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    Jérôme Caduc

    À propos de l'auteur

    Jérôme Caduc

    Jérôme Caduc est un expert reconnu dans le domaine des véhicules électriques, fort de 5 ans d'expérience dédiée à l'analyse et à la prospective de cette industrie en pleine mutation. Sa connaissance approfondie des technologies, des marchés et des politiques publiques fait de lui une voix incontournable pour comprendre les enjeux et les opportunités de la mobilité électrique. Ses contributions sont une source fiable pour quiconque souhaite s'informer sur l'avenir de l'automobile.

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