Voitures volantes : pourquoi BYD reste au sol tandis que la Chine décolle
Imaginez des trajets urbains sans embouteillages, des supercars qui s'élèvent dans les airs pour filer à 200 km/h. Les voitures volantes, ou eVTOL, font rêver le monde automobile. Mais pour BYD, leader mondial des véhicules électriques, ce futur high-tech reste une rumeur vite démentie. Alors que la Chine accélère sur la "Low Altitude Economy", le géant de Shenzhen choisit une autre voie. Décryptage d'un secteur en pleine effervescence et de la stratégie pragmatique de BYD.
La rumeur Ufly : un buzz viral vite éteint
Fin décembre 2025, une vidéo explosive circule sur les réseaux sociaux chinois. Elle annonce Ufly, une voiture volante électrique signée BYD. Douze moteurs, vitesse de pointe fulgurante, autonomie de 150 km après seulement 10 minutes de recharge Megawatt : le concept promet de relier Zhuhai à Shenzhen en 23 minutes pour 36 euros l'aller simple. Capable d'embarquer quatre passagers avec bagages, ce monstre de 3 tonnes aurait même obtenu un certificat de navigabilité.
Les spéculations enflamment les forums. BYD, déjà n°1 mondial des VE devant Tesla avec 4,2 millions d'unités vendues en 2024, s'apprêterait-il à conquérir les cieux ? Las, Li Yunfei, directeur des relations publiques, met fin au suspense sur Weibo. "Ni plan ni arrangement de ce type", tranche-t-il. BYD dénonce une infox probable générée par IA, dans la lignée d'autres rumeurs combattues en justice contre des influenceurs. Le groupe appelle à la retenue face au trafic en ligne, protégeant jalousement son image.
Pourquoi cette rumeur a-t-elle paru crédible ?
Le contexte joue les complices. BYD excelle en batteries Blade et recharge ultra-rapide, technologies clés pour les eVTOL. Son offensive européenne avec l'Atto 2 et ses supercars Yangwang, comme l'U9 à 1 300 ch, nourrit l'imaginaire. Pourtant, le démenti est formel : pas de voiture volante à l'horizon.
La Chine mise sur les cieux : la Low Altitude Economy explose
Tandis que BYD ancre ses roues au sol, la Chine propulse les véhicules volants au rang de priorité nationale. Le 15e plan quinquennal (2026-2030) consacre la "Low Altitude Economy", aux côtés de l'IA, l'hydrogène et la fusion nucléaire. L'automobile classique cède la place à ces eVTOL, avec un marché visé à 1 000 milliards de yuans d'ici 2030.
XPeng, via sa filiale AeroHT, cumule les réservations pour son eVTOL Landver. Geely, GAC, Chery, Changan et FAW Group investissent massivement. XPeng affiche déjà des prototypes certifiés, prêts pour des vols commerciaux. À l'international, Stellantis s'associe à Archer pour des tests aux États-Unis. En Chine, les premiers services taxis volants pourraient décoller dès 2026 dans des hubs comme Shenzhen.
Les défis techniques et réglementaires
Ces engins hybrides – voiture et drone – reposent sur des batteries haute densité, rotors multiples et IA embarquée. Vitesse : 150-300 km/h. Autonomie : 100-200 km. Prix : de 300 000 à 1 million d'euros pour les modèles premium. Mais les obstacles persistent : certification aérienne stricte, infrastructures de vertiports, bruit et sécurité en zone urbaine. Pékin accélère, avec des zones tests dans le Guangdong.
La stratégie terrestre de BYD : God's Eye et expansion globale
BYD snobe les nuages pour dominer les routes. Fin février 2026, un événement majeur dévoilera ses vraies innovations. Au menu : déploiement massif de God's Eye, son système de conduite intelligente. Déjà sur les Yangwang U9 et supercars, il équipe bientôt toute la gamme, y compris les citadines abordables.
Leader avec 30 % du marché VE chinois, BYD conquiert l'Europe via des usines en Hongrie et Turquie. Ses SUV comme le Sealion 5 ou Seal rivalisent avec Tesla et Volkswagen. Focus : recharge Megawatt, batteries solides et prix agressifs. Pas de distraction céleste : BYD vise la consolidation avant l'ascension.
Comparaison avec les rivaux volants
| Constructeur | Projet eVTOL | Statut | Avantage BYD |
|---|---|---|---|
| BYD | Aucun | Démenti officiel | Production massive VE (4M+/an) |
| XPeng | AeroHT Landver | Réservations ouvertes | - |
| Geely | Terrafugia | Prototypes | - |
| Stellantis | Archer | Partenariat US | - |
BYD excelle en volume et coût, tandis que les pionniers eVTOL misent sur la niche premium.
Impact sur l'industrie automobile : révolution ou mirage ?
Les eVTOL redessinent la mobilité. Fin des bouchons, gain de temps monstrueux pour les cadres. Marché mondial estimé à 1 000 milliards de dollars d'ici 2040. Mais pour l'auto traditionnelle ? Disruption majeure : les constructeurs doivent hybrider route et air, ou risquer l'obsolescence.
BYD illustre le pragmatisme : 582 km d'autonomie sur ses derniers modèles, IA avancée, export record. La Chine, avec 70 % des brevets eVTOL, domine. L'Europe et les US suivent, mais Pékin imprime le rythme. Résultat : fusion auto-aéro, où BYD pourrait pivoter plus tard, fort de son expertise batterie.
Perspectives 2026-2030
2026 marque le décollage : premiers vols commerciaux XPeng, reveal BYD terrestre. D'ici 2030, 10 % des déplacements urbains pourraient être aériens en Chine. BYD, silencieux sur l'air, accélère sur l'IA et l'export pour rester n°1.
Conclusion : le ciel attendra, la route s'électrifie
Les voitures volantes ne sont pas un fantasme : elles décollent en Chine, portées par XPeng et l'État. BYD, lui, refuse la hype pour miser sur l'essentiel – des VE intelligents, abordables et omniprésents. Futur de l'auto ? Hybride, inévitablement. Reste à voir si BYD rejoindra les cieux un jour.
Que pensez-vous de cette ruée vers les airs ? Prêt à voler ? Abonnez-vous !

