Le Royaume-Uni a immatriculé 43 547 voitures 100 % électriques en juillet 2026, soit une hausse de 49 % sur un an et 27,4 % du marché neuf, selon les données publiées le 3 août par l'organisation britannique New AutoMotive. C'est le deuxième mois consécutif au-dessus de la trajectoire réellement exigée par le mandat ZEV. Attention toutefois au raccourci : la cible nominale de 33 % pour 2026 n'est pas le seuil auquel les constructeurs sont jugés, estimé à 24,6 % une fois les flexibilités du dispositif prises en compte. Ces chiffres restent une estimation indépendante, publiée avant les statistiques officielles du SMMT attendues le 5 août.
Un mois de juillet à 43 547 immatriculations
Le compteur de New AutoMotive, l'Electric Car Count, fait état de 43 547 voitures particulières 100 % électriques (BEV) immatriculées outre-Manche en juillet 2026, contre 29 226 un an plus tôt. La progression atteint 49 % sur douze mois, ce qui fait des BEV le segment qui croît le plus vite d'un marché lui-même en expansion : l'ensemble des immatriculations de voitures neuves progresse de 16 % par rapport à juillet 2025.
Dans le détail du mix, l'hybride non rechargeable reste en tête sur le mois avec 48 563 unités et 30,6 % de part, devant l'électrique à 27,44 %, l'essence à 22,8 % et l'hybride rechargeable à 14,6 %. Le diesel, avec 7 304 unités, poursuit son effacement. Essence et diesel reculent respectivement de 8 % et 11 % sur un an : la croissance du marché britannique est aujourd'hui presque entièrement portée par les motorisations électrifiées.

Pourquoi 27,4 % ne se compare pas à 33 %
C'est le point le plus souvent déformé dans la lecture des chiffres britanniques. Le mandat ZEV affiche bien une cible nominale de 33 % de véhicules zéro émission pour l'année 2026. Mais ce pourcentage n'est pas un seuil brut appliqué tel quel à chaque constructeur : le dispositif prévoit des flexibilités, notamment la génération de crédits supplémentaires lorsqu'un constructeur fait mieux que ses objectifs de CO₂ sur ses ventes non-ZEV.
New AutoMotive estime, à partir des données publiques de la DVLA sur les émissions des véhicules thermiques nouvellement immatriculés, que la cible réelle à l'échelle du marché tombe à 24,6 % à mi-parcours de l'année. Autrement dit, la comparaison pertinente n'est pas « 27,4 % contre 33 % », mais bien la part de marché constatée face à ce seuil effectif de conformité. Conclure au retard du marché britannique parce que 27,4 % est inférieur à 33 % revient à ignorer le fonctionnement même du mécanisme.
Juillet n'est pas l'année : 25,3 % en cumul
Deuxième distinction indispensable : le mois et le cumul annuel ne racontent pas la même histoire. Les 27,4 % concernent le seul mois de juillet. Sur l'ensemble de l'année 2026 à ce stade, la part de marché des BEV s'établit à 25,3 %. C'est ce chiffre cumulé qui se compare au seuil effectif estimé de 24,6 %, et qui place le marché légèrement au-dessus du niveau de conformité globale.
La conséquence est concrète : il y a désormais, au niveau du marché pris dans son ensemble, davantage de crédits ZEV disponibles que nécessaire. Pour les constructeurs en déficit, cela signifie un coût de mise en conformité plus faible, puisque l'achat de crédits sur le marché devient mécaniquement moins cher lorsque l'offre excède la demande.
Un équilibre global, des situations très inégales
Ce confort est toutefois une moyenne. La répartition des crédits reste très déséquilibrée d'un constructeur à l'autre. Selon l'analyse de New AutoMotive, Tesla, BYD, Geely, SAIC, Renault, Chery et Xiaopeng dégagent des excédents significatifs par rapport à leurs objectifs implicites. À l'inverse, Volkswagen, Stellantis, Toyota, Nissan, Tata, Mercedes, Hyundai, Mazda et Ford sont en déficit, Stellantis et Toyota affichant les manques les plus importants en valeur absolue.
Plusieurs marques restent néanmoins à portée de conformité : BMW, Honda, Suzuki, Subaru et Aston Martin seraient à moins de 2 000 crédits de leur cible estimée, un écart qu'une hausse modérée des ventes électriques ou un recours au marché des crédits suffirait à combler.

Kia, Volkswagen et BYD en tête du mois
Sur le volume mensuel de BEV, le trio de tête est composé de Kia, Volkswagen et BYD. Kia signe sa plus forte part d'électriques jamais enregistrée outre-Manche, à 41 % de ses ventes. Renault (53 %) et Suzuki (41 %) atteignent également des records de part BEV. New AutoMotive souligne par ailleurs que ce mois de juillet n'a pas bénéficié d'un effet Tesla, la marque américaine livrant traditionnellement par vagues trimestrielles.
Les utilitaires légers suivent la même dynamique : avec 4 260 immatriculations, les fourgons électriques signent leur troisième meilleur mois historique et représentent 15 % du marché. À l'échelle européenne en revanche, le Royaume-Uni reste en retrait de certains voisins : en France, la part des BEV atteignait 35 % des voitures neuves en juillet selon la même source.
Des chiffres provisoires, avant le SMMT du 5 août
Un point de méthode s'impose. New AutoMotive n'est pas l'organisme officiel de publication des immatriculations britanniques. Ses données sont une compilation et une estimation indépendantes, publiées en amont des statistiques du SMMT, l'organisation professionnelle du secteur automobile britannique, dont le calendrier officiel fixe la publication des chiffres de juillet au mercredi 5 août 2026.
Les ordres de grandeur des deux sources se recoupent généralement, mais des écarts sont possibles sur le décompte final et sur la ventilation par motorisation. Il serait donc prématuré de considérer les 43 547 unités ou les 27,4 % comme des données définitives. De la même manière, la cible réelle de 24,6 % est une estimation modélisée par New AutoMotive, pas un chiffre publié par le gouvernement britannique.
Ce qu'il faut retenir
Le marché britannique confirme une accélération nette de l'électrique en 2026, avec un mois de juillet à 27,4 % et un cumul annuel à 25,3 %, désormais légèrement au-dessus du seuil de conformité effectif estimé. Cette dynamique rapproche le Royaume-Uni de la trajectoire européenne, même s'il reste derrière la France sur le mois. Après le quart de marché déjà conquis en 2025, la question n'est plus tant celle du rythme d'adoption que celle de la répartition de l'effort entre constructeurs, dans un contexte où les groupes chinois — au premier rang desquels BYD, dont les exportations hors de Chine ont atteint un nouveau sommet en juillet — engrangent des excédents de crédits que d'autres devront leur racheter. La publication officielle du SMMT, le 5 août, permettra de figer ces ordres de grandeur.
Sources
- Reuters — UK July EV sales beat mandate path, New AutoMotive data shows (3 août 2026)
- New AutoMotive — Electric Car Count, édition juillet 2026 (PDF, source primaire)
- New AutoMotive — Electric Car Count, page de publication mensuelle
- SMMT — Key press dates : immatriculations de juillet 2026 publiées le 5 août 2026
- SMMT — EV market hits new high but target gap remains (contexte juin 2026)
- GOV.UK — A zero emission vehicle (ZEV) mandate and CO2 emissions regulation for new cars and vans in the UK (cibles et flexibilités)
- GOV.UK — Vehicle Emissions Trading Schemes (VETS), informations de conformité
- Visuels : photographie de une SMMT Test Day 2025 sur l’anneau de vitesse, image de corps voiture électrique en recharge lors du SMMT Test Day et photographie de presse Nissan Nissan LEAF en production, diffusées par le SMMT pour l’usage éditorial. Détenteurs : SMMT pour les deux images Test Day et Nissan pour l’image d’usine. Copies redimensionnées et stockées localement par EV Magazine.
